Sclérose en plaques et carence en vitamine D - Features Image

Sclérose en plaques: Carence en vitamine D

Une carence en vitamine D pourrait-elle expliquer l’éclosion de sclérose en plaques dans les pays plus éloignés de l’équateur?

Les bienfaits de la vitamine D

La vitamine D est essentielle pour l’organisme; elle veille à la bonne santé des dents et des os. Elle régularise le taux de calcium dans le corps en améliorant l’absorption intestinale et en minimisant l’élimination par l’urine.

Le calcitrol, un composé de la vitamine D, contrôle de nombreux gênes en plus de régulariser la prolifération et la différentiation cellulaire. Celle-ci facilite également la sécrétion d’insuline et peut être emmagasinée dans le foie ou les graisses pour être remise en circulation, au besoin.

L’ingestion de vitamine D est bénéfique pour le système immunitaire, parce qu’elle contribue à activer les cellules lymphocytes T. Ces dernières tuent les bactéries et les virus présents dans l’organisme.

La consommation de vitamine D et la SP

La consommation de vitamine D surnommée « vitamine soleil » semble avoir un effet bénéfique sur la prévention de la sclérose en plaques (SP). La SP est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux tissus cérébraux et à la moelle épinière de la personne atteinte. La cause réelle en est inconnue.

On croit qu’une combinaison de facteurs génétiques, infectieux et environnementaux favoriserait le développement de cette maladie. Certains chercheurs en sont venus à cette conclusion, car le nombre de personnes atteintes de la SP dans les pays situés près de l’équateur est moindre que dans les pays nordiques comme le Canada.

Une nouvelle étude menée par Kassandra Munger, M.Sc. et ses collègues de l’École de santé publique Harvard (faisant partie de l’Université de la Californie à Irvine) auprès de 187 563 infirmières – dont 173 d’entre elles avaient été diagnostiquées ou craignaient d’être atteintes de la sclérose en plaques – avait pour but d’évaluer l’impact de la consommation de vitamine D sur la prévention et la progression de la maladie.

Les participantes sont âgées de 25 et 42 ans et inscrites à la Nurses’ Health Study, une organisation qui sonde régulièrement la santé des infirmières aux États-Unis pour connaître leurs antécédents médicaux. Leur apport en vitamine D a été évalué à l’aide du questionnaire de la NHS et des données recueillies au sujet de leur alimentation pendant quatre semaines.

Certaines questions abordaient spécifiquement la consommation d’aliments contenant de la vitamine D ou de suppléments vitaminiques. D’autres portaient sur des facteurs susceptibles d’affecter les résultats, tels que la latitude du lieu de naissance et leurs habitudes liées au tabagisme.

Ces mêmes chercheurs avaient signalé une incidence plus élevée de SP chez les infirmières qui fumaient. De plus, les chercheurs ont évalué le taux de vitamine en procédant à des analyses sanguines.

Munger et son équipe soutiennent qu’une consommation de 400 UI de vitamine D quotidiennement sous forme de sources alimentaires et de suppléments vitaminiques diminuerait le risque de développer la SP de 40 %.

Selon ces chercheurs, cette diminution n’a pas été observée chez les personnes se fiant uniquement à leur alimentation pour combler leurs besoins en vitamine D. Les analyses mettant en cause les habitudes de tabagisme et le lieu de naissance n’ont pas affecté les résultats.

En outre, l’apport en vitamine D était étroitement lié à la présence des vitamines A et E ainsi que de l’acide folique dans les suppléments vitaminiques.

Par ailleurs, aucune recherche ne laisse entrevoir que la prise de vitamine D pourrait freiner la progression de la maladie. De plus amples recherches seront nécessaires afin de déterminer l’apport réel de la vitamine D par rapport aux autres vitamines, la possibilité qu’elle influence la progression de la sclérose en plaques et la généralisation de tels résultats aux hommes.

Les résultats de cette étude sont parus dans la revue scientifique Neurology du 13 janvier 2004. De nombreuses études sont en cours pour tenter d’évaluer le lien possible entre la prise de vitamine D, l’exposition solaire et la sclérose en plaques.

La Dre Dressa Sadovnick de l’Université de la Colombie-Britannique et son collègue Dr George Ebers de l’Université d’Oxford mène actuellement une recherche sur l’effet de la vitamine D chez les personnes atteintes de sclérose en plaques et leur famille. Ils sont également responsables de la plus vaste étude au monde sur la susceptibilité génétique.

Ce projet est subventionné par la Fondation pour la recherche sur la sclérose en plaques. Dans le cadre de cette étude, les participants ont ingéré une dose quotidienne variant de 200 UI à 400 UI sous forme d’aliments et de suppléments vitaminiques. Il s’agit de l’apport normalement recommandé pour les adolescents et les adultes.

Ces mêmes chercheurs suggèrent qu’une consommation de vitamine D variant de 400 UI à 800 UI pour les individus voulant prévenir une diminution de leur masse osseuse. Cette diminution est associée notamment à l’ostéoporose.

D’autres études déclarent que la consommation de vitamine D en trop grandes quantités pourrait s’avérer néfaste pour la santé. Or, la quantité exacte à éviter diffère selon les chercheurs consultés. En cas de doute, consulter un professionnel de la santé.

En fin de compte: Maintenant que la preuve est faite d’un lien entre sclérose en plaques et carence en vitamine D, n’hésitez donc pas à prendre régulièrement du soleil. De courtes expositions (15 ou 30 minutes par jour) au soleil pourraient être bénéfique pour vous.

Certaines références contenues dans cet article sont en anglais.

Références

    1. Vitamin D intake and incidence of multiple sclerosis, Neurology (vol. 62 no. 1 60-65)
    1. VITAMINE D : indispensable à votre organisme, Le blog de mon herboriste
  1. Comment la vitamine D active les défenses immunitaires, La Presse

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